vendredi 19 février 2021

Handicap : comment la crise a bouleversé leur quotidien.



Il n'y a pas de que les Ehpad (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) qui doivent s'adapter à la crise sanitaire. Dans les structures qui accueillent des personnes handicapées, le même défi est à relever. Reportage chez les Papillons Blancs, à Seurre.


Pour Carole Bouchot, monitrice-éducatrice, cette animation est la bienvenue : « Depuis la crise sanitaire, il y a un manque d’activités, comme on ne peut pas sortir […]. La médiation animale crée du bien-être chez nos résidents et suscite des émotions ». C’est surtout important pour eux de pouvoir toucher les animaux. Car à cause des gestes barrières (lire par ailleurs), ils sont privés de contact. Alors que « pour eux, c’est primordial », souligne Carole Bouchot.

Ce jour-là, lapins, perruches, cochons d’Inde sont installés sur une table. Les résidents peuvent leur donner à manger, les caresser ou encore les brosser. L’un d’entre eux, Yves, estime que cette activité est « bien ». « C’est bien de voir tous les animaux. C’est bizarre, mais c’est drôle », ajoute-t-il. Sur son épaule, sont nichées Limonade et Citronnade, les deux perruches avec lesquelles il s’amuse.

Cette activité revêt différents objectifs : « On apprend à identifier les fruits et les légumes (que mangent les bêtes, ndlr). Cela [peut] raviver des souvenirs de jardinage. On travaille aussi la motricité fine, avec le brossage des animaux. Ce qui permet également de développer le toucher, parce que ce ne sont pas les mêmes textures de poils », détaille Julien Mollard.

À un moment, Yves interroge : « Ça vit combien de temps un lapin ? ». « En moyenne, un lapin nain vit cinq à six ans », lui répond l’intervenant. Les six résidents se sont montrés enchantés de cette activité. Ils ont posé quelques questions et ont passé beaucoup de temps à choyer les animaux et à jouer avec eux. 

<< On travaille aussi la motricité fine avec le brossage des animaux >>

Julien Mollard, intervenant en pédagogie et développement personnel par l’animal.


La difficile mise en place des gestes barrières.

La directrice du service d’activités de jour et du service résidentiel du Val-de-Saône, Camille Picaut, revient sur la mise en place des gestes barrières dans l’établissement. Si une majorité d’adultes en situation de handicap ont globalement adopté le masque sans trop de soucis, pour d’autres, c’est plus difficile. Surtout, ils ont « besoin, pour se sentir épanouis, de contacts physiques, de lire les émotions sur le visage ». « 70 % à 80 % de la communication est non verbale, donc les masques entraînent des difficultés de communication ». 

L’entreprise côte-d’orienne Proteor a fourni des visières à ceux ne pouvant pas porter de masque. Certains, parmi le personnel de la structure, ont porté des masques inclusifs transparents pour que les adultes en situation de handicap puissent lire sur leurs lèvres. « Sur un public qui a des difficultés de compréhension, le masque est difficile à tenir. D’autant plus que certains font de l’hypersalivation », précise Camille Picaut. Mais d’autres, qui ont certaines pathologies, ne pourront jamais supporter le masque ou la visière. Il s’agit d’une personne en particulier, qui vient chaque jour avec une navette arrivant de Dijon. Et c’est complexe, car il n’est pas possible de mettre du carton pour la séparer des autres dans ce véhicule, ni, pour des raisons de sécurité, de Plexiglas.

« Mettre de la distanciation physique, c’est compliqué »

Le plus difficile a été de mettre en place les gestes barrières. « Ce sont des adultes qui ont besoin de contacts. Les professionnels doivent faire la différence entre les besoins réels de la personne, qui peut avoir besoin d’un contact, et si c’est une question de provocation. Il a fallu accompagner les professionnels […] », détaille Camille Picaut.

Pour Carole Bouchot, monitrice-éducatrice, la crise sanitaire a enlevé « beaucoup de spontanéité ». « Mettre de la distanciation physique, c’est compliqué. Il faut respecter le cadre sanitaire, mais aussi respecter leur bien-être. »

Fabienne Baptista, aide médico-psychologique, affirme que les adultes en situation de handicap ont « assez vite accepté le port du masque », même s’« il faut toujours être derrière ». Car parfois, ils le mettent à l’envers ou alors, il faut le remonter sur leur nez, etc. Elle aussi parle du contact physique important pour ce public, « il fallait rassurer certaines personnes », et détaille les difficultés que cela engendre : « On voit moins leurs traits du visage et c’est plus difficile de voir comment ils vont ».

<< Il faut respecter le cadre sanitaire, mais aussi respecter leur bien-être >> Carole Bouchot, monitrice-éducatrice.


Seurre - Un dispositif daccueil qui a évolué tout au long de la crise sanitaire.

Pour la structure Val-de-Saône des Papillons blancs de Beaune et sa région, l’année qui vient de s’écouler a été compliquée. La crise sanitaire a en effet engendré de perpétuels ajustements et modifications. Les services ont même dû affronter un cluster au mois d’octobre, avec vingt et une personnes contaminées parmi le personnel et des adultes en situation de handicap.

MARS  Fermeture du service d'activité de jour.

À Seurre, l’association accueille 40 adultes au sein de son service dactivités de jour (SAJ) et 24 dans son service résidentiel (SR). Il sagit de personnes ayant un handicap mental et dont les compétences ne sont pas assez développées pour qu’elles puissent travailler en établissement et service d’aide par le travail (Esat). Avec le confinement en mars, le SAJ a dû fermer. Les adultes vivant sur place ont eu le choix de rester dans la résidence ou de rentrer dans leur famille. Une douzaine d’entre eux sont restés. « Nous avons mis en place un accompagnement à distance, avec deux appels hebdomadaires auprès des familles. Les professionnels ont également fourni un kit d’activités à la demande, renouvelé régulièrement. Pour les situations complexes, il y a eu des visites à domicile. Il s’agissait d’une sorte de sas de décompression avec une personne extérieure qui connaît bien l’adulte. Pour le service résidentiel, nous avons mis en place de la visio avec les familles des résidents. Et, vers la fin, nous avons déclenché des rendez-vous physiques », détaille Camille Picaut, directrice du SAJ et du SR pour adultes en situation de handicap du Val-de-Saône.

MAI Roulement entre deux équipes.

Après le confinement, la structure a mis en place un roulement entre deux équipes. Les adultes étaient accueillis une journée sur deux, pour « faire en sorte qu’il n’y ait pas de croisement ». Le service d’activité de jour accueillant 40 personnes, cela signifiait que 20 étaient accueillies chaque jour. « Nous avons mis à la disposition des professionnels une machine à laver pour qu’ils puissent se changer sur place », précise Camille Picaut. « Cela a été un vrai bouleversement. Ils ont pris des réflexes que l’on trouve chez les soignants. » Cette situation a duré jusqu’à fin juillet, le SAJ étant fermé en août pour les vacances.

OCTOBRE  Un cluster avec 21 personnes contaminées, le SAJ de nouveau fermé.

En septembre, tous les adultes ont été accueillis au service d’activités de jour. « Nous avons maintenu les gestes barrières et les activités étaient limitées », indique la directrice. Puis, il y a eu un premier cas positif au Covid-19 le 24 octobre. « En deux semaines, nous avons eu 21 cas positifs déclarés. Nous avons contacté toutes les familles une par une pour expliquer la situation. » Il n’y a pas eu d’hospitalisation ou de cas grave. Mais le SAJ a été fermé. Les adultes résidant sur place et ayant été contaminés ont été isolés dans leur studio. « Les professionnels entraient dans leur chambre avec une charlotte, des surchaussures, une blouse. C’était la première fois qu’ils étaient confrontés à une situation sanitaire de cet ordre. L’accompagnement a été très important. » Pendant le deuxième confinement, le même dispositif que le premier a été mis en place, avec l’accompagnement à distance.

FIN NOVEMBRE Réouverture du service d’activités de jour et les groupes accueillis une semaine sur deux.

Le SAJ a rouvert ses portes le 30 novembre, une fois le cluster terminé. Comme précédemment, le groupe a été scindé en deux, mais chaque petit groupe a été accueilli non pas un jour sur deux, mais une semaine sur deux. « Toutes nos actions ont été validées par l’ARS (Agence régionale de santé) », souligne Camille Picaut.

DÉBUT FÉVRIER Tous les adultes reçus en même temps.

Depuis le 1er février, les 40 adultes sont accueillis au SAJ en même temps, mais avec des pauses en décalé et deux services de restauration le midi.

L’impact du Covid sur l’accompagnement personnalisé

Camille Picaut, directrice du service d’activités de jour et du service résidentiel pour adultes en situation de handicap du Val-de-Saône, avance qu’avec la crise sanitaire, les professionnels ont le sentiment d’avoir perdu de leur valeur éducative, car on leur « impose de faire certaines choses à la place de l’adulte ». De plus, certaines personnes en situation de handicap ont connu un ralentissement moteur et psychique, dû au fait qu’« on leur a enlevé la possibilité de faire par [elles]-mêmes ». Il faut savoir que, dans cette structure, l’accompagnement est personnalisé. « Nous sommes là pour développer les compétences des adultes. Il s’agit d’un vrai travail d’analyse. Les ateliers mis en place répondent à ces pistes de travail. » Mais, avec la crise sanitaire, les activités sont limitées et désormais peu variées. Les adultes en situation de handicap sont habitués aux sorties culturelles, à l’équitation, la balnéothérapie, la piscine, etc. « Nous avons un panel d’activités très large », souligne Camille Picaut. Ces activités sont renouvelées chaque année pour continuer à faire évoluer les adultes.



Source : Journal "Le bien Public", édition Beaune, le 19/02/2021




lundi 5 octobre 2020

Le Département de Côte-d’Or mise avec succès sur l’Entreprise adaptée viticole (EAV) des Papillons blancs de Beaune pour cultiver sa parcelle de vignes à côté de Pommard.



L’Entreprise adaptée viticole des Papillons blancs de Beaune prend soin de la parcelle près de Pommard, appartenant au Département et étiquetée Bourgogne Côte d’Or. © EAV

C’est l’heure de la livraison pour les premières bouteilles de Bourgogne Côte d'Or produites pour le Conseil départemental par le tandem EAV (partie culture) et le jeune vigneron Valentin Rossignol (partie élevage) du domaine Rossignol-Février à Volnay. Soit 3 976 bouteilles très exactement, produites sur une parcelle de 0,63 hectare dans les bas de Pommard, achetée dans le cadre d’une vente Safer début 2019.

C’est donc une entreprise d'insertion, émanation des Papillons Blancs de Beaune et sa région, qui assure la culture de la parcelle, en ayant recours à des personnes en situation de handicap, formées aux métiers de la vigne dans le cadre d’un cursus de 3 à 5 ans. La parcelle départementale ne représente qu’une fraction des vignes entretenues par l’EAV. « Nous gérons 45 hectares pour le compte de 13 exploitations viticoles différentes, et employons 68 personnes », souligne son directeur Philippe Vega.

Bon pour le moral

L’EAV est une entreprise à part entière, qui s’autofinance et vise à insérer dans des exploitations classiques ses salariés, dont les parcours de vie sont souvent un peu chaotiques. « Nous y parvenons en pratiquant la solidarité et l’entraide. Par exemple, lors des vendanges, nous plaçons plusieurs personnes dans un même rang, distantes de quelques ceps. Ça évite que chacun se “perde” dans un rang interminable. C’est bon pour le moral et la cohésion », précise Philippe Vega.

Arrivée sans formation ni projet, Patricia Normand travaille depuis 17 ans à l’EAV : « J’ai énormément changé, note la jeune femme de 36 ans. Je ne connaissais rien au métier de la vigne, mais j’ai pu me former, passer un CAP, puis mon permis de conduire, et maintenant je suis devenue cheffe d’équipe. »

Tout ce petit monde s’approprie les particularités de la parcelle du Conseil Départemental reconnue comme difficile à cultiver. « Elle était envahie d’herbe, inondable et trop productive », se souvient Philippe. Après une première année de culture, chacun a pu y trouver ses marques. « Nous avons ébourgeonné serré et taillé plus fortement, pour qu’elle donne moins », explique Valentin Rossignol, qui a vu la différence sur sa table de tri. « La qualité du raisin était excellente cette année, sans aucune pourriture. » Un bon travail d’équipe est toujours récompensé.

L’EAV est une entreprise à part entière, qui s’autofinance et vise à insérer dans des exploitations classiques ses salariés, dont les parcours de vie sont souvent un peu chaotiques. © EAV

La parcelle à Pommard est en cors de certification bio. Elle sera le théâtre d’expérimentations autour du changement climatique. L’idée est de mettre à disposition des petits viticulteurs un espace de recherche et d’expérimentation partagé. « Pour le moment, nous cherchons à caractériser le sol en faisant réaliser des analyses de carottages. Nous y implanterons ensuite différents types de pinot noir, pour étudier leur comportement », précise de Vigneron Valentin Rossignol.


Source : Dijon Beaune Mag, octobre-novembre 2020



mardi 22 octobre 2019

- Entreprise Adaptée Viticole, l'insertion sociale par le travail de la vigne.






L'Entreprise Adaptée Viticole (EAV), rattachée à l'Association les Papillons Blancs de Beaune et sa région, emploie à ce jour 63 personnes, dont 93% sont en situation de handicap.

Les salariés d'EAV sont spécialisés dans le travail de la vigne, avec une activité complémentaire d'entretien des espaces verts.

<< Ils sont recrutés sur leur motivation et leur goût pour le travail en extérieur, puis formés aux travaux viticoles tels que la taille, le sarmentage, le pliage, l'ébourgeonnage, le relevage >>
explique Philippe VEGA.

Depuis avril, les ouvriers d'EAV entretiennent les parcelles acquises par le Département à Pommard.



Source : Côte-d'Or le mag - n° 194 édition octobre 2019.

mercredi 25 septembre 2019

- Des travailleurs handicapés à la pointe dans les travaux de la vigne


 L’entreprise adaptée viticole (EAV) est devenue le plus important prestataire viticole de la région grâce au travail d’une soixantaine d’employés, presque tous travailleurs en situation de handicap. Ils vendangeaient, le 19 septembre dernier, pour la maison Albert-Bichot à Chambolle-Musigny.


Les yeux clairs plissés par le soleil, Emmanuel Verney, tout sourire, s’apprête à reprendre le travail de porteur dans les rangs de vignes. Âgé de 47 ans, cet employé de l’Entreprise adaptée viticole (EAV) depuis vingt ans est l’un des cinq travailleurs handicapés qui encadrent les vendangeurs du jour. « J’aime bien travailler dehors. Quand je suis arrivé, pourtant, je ne savais pas ce qu’était un pied de vigne », rit-il de bon cœur en mettant la hotte sur son dos.
« De la cohésion et un bel état d’esprit » 

En cette matinée du jeudi 19 septembre, une trentaine d’employés s’activent dans une parcelle de pinot noir, en contrebas du village de Chambolle-Musigny. Des vignes qui sont la propriété de la famille Serveau, du nom du directeur technique de la maison Albert-Bichot, basée à Beaune, et dont les raisins sont destinés à la cuvée de bourgogne-côte-d’or « Secret de famille » concoctée par le négociant sur les terres de la côte de Nuits.
« Il y a 1,30 hectare à vendanger. Cette année, la récolte est plus faible, mais cela ne va pas forcément plus vite, car il y a beaucoup de grappillons. Le vent qui souffle donne de la fraîcheur mais sèche aussi les raisins. C’est bon pour la qualité, moins pour la quantité », observe Alain Serveau pendant que les vendangeurs s’activent.

« Là, il fallait y aller », appuie Albéric Bichot, venu de Beaune pour rencontrer les vendangeurs de l’EAV. Des travailleurs en situation de handicap que le négociant à l’habitude de côtoyer, mais qui récoltent des raisins de la maison pour « la première fois. D’ordinaire, ils travaillent avec nous pour de nombreux travaux tout au long de l’année, notamment en cave. Ils sont sérieux, ponctuels et sont toujours en équipe. Il n’y a pas besoin de recréer de cohésion. Ils ont une dynamique et un bel état d’esprit », sourit-il.

45 hectares de vignes gérés jusqu’aux vendanges

Ces qualités, le Beaunois n’est pas le seul à les reconnaître (lire par ailleurs) : après trente jours de vendange consécutifs l’an dernier, les employés de l’EAV devraient en boucler vingt-trois pour le millésime 2019. « C’est notre treizième jour de récolte. Hier, ils ont travaillé de 7 h 30 à 19 heures », souffle Christèle Carpentier, responsable de la partie viticole de l’entreprise adaptée.
La résistance, le rythme et l’enthousiasme de ces ouvriers étonne quotidiennement leurs responsables, tous anciens éducateurs techniques spécialisés, qui ont accepté de changer de statut en 1994, à la création de l’entreprise qui est une émanation des Papillons blancs de Beaune : « C’est une leçon de vie, ce qu’ils font. En rentrant de vendange, ils sont crevés mais ils gardent le sourire en toutes circonstances. Une assistante me le dit à chaque fois, ça lui met une "calotte" de les observer », insiste Philippe Vega, directeur de l’EAV.

« Tout le monde est concerné et compte au sein de la structure. Nous essayons de diversifier les clients tout au long de l’année, même si nous travaillons plutôt avec des domaines de taille modeste. Nous gérons, en moyenne, trois hectares par client, pour un total de 45 hectares. pour certains, nous menons toute la campagne viticole de A à Z », souligne-t-il.



Source : Le Bien Public édition Beaune, mercredi 25 septembre 2019.

- Le conseil départemental achète des vignes à Pommard




Vendredi 13 septembre, le président du département François Sauvadet et plusieurs partenaires ont dévoilé l’achat par la collectivité d’une soixantaine d’ares de vignes. L’occasion d’étrenner l’appellation bourgogne-côte-d’or, mais aussi de mettre en place un projet d’insertion.
 
La création récente de l’appellation bourgogne-côte-d’or (lire par ailleurs) a-t-elle donné des idées aux conseillers départementaux ? Vendredi, sous le soleil d’un jour de vendanges, François Sauvadet, président de la collectivité, semblait en tout cas fier de présenter un projet viticole inédit, dont les fruits vont être récoltés dans les jours à venir.
Les travaux menés par des ouvriers handicapés « C’est un moment émouvant pour moi, et un beau projet qui présente également des volets d’insertion et d’expérimentation. Nous avons toujours accompagné la viticulture. Le classement des Climats de Bourgogne au patrimoine mondial nous donne une responsabilité devant l’humanité tout entière », a souligné le président du conseil départemental.

La soixantaine d’ares (deux tiers de pinot noir et un tiers de chardonnay) acquise à Pommard dans la zone d’appellation bourgogne-côte-d’or, est travaillée selon les préceptes de la biodynamie par une émanation des Papillons blanc (une association qui accompagne les personnes en situation de handicap), l’Entreprise adaptée viticole (EAV). « L’EAV est le plus gros prestataire de services viticoles de Bourgogne-Franche-Comté. Elle emploie 50 équivalents temps plein, et sept à huit personnes pour l’encadrement. Les équipes réalisent, chaque année, 28 à 31 jours de vendanges consécutifs », a détaillé Philippe Chaussade, président des Papillons blancs, en présentant cette entreprise d’insertion dirigée par Philippe Vega, et dont les services sont tellement demandés qu’ils doivent régulièrement décliner certaines sollicitations. « Cela servira de cadeau pour nos hôtes de marque » « C’est un partenariat avec une association importante dans le champ social, dans le monde du handicap et de l’insertion », a abondé François Sauvadet, en évoquant « des vignes solidaires. Qui participeront en plus à la préservation de la planète, grâce à la biodynamie. Le département est fier de sa planète et s’inscrit dans son temps », a-t-il expliqué avec un brin de grandiloquence. 

« Nous sommes dans un tournant dans les pratiques culturales. Avec l’association d’insertion et de la biodynamie, la Bourgogne ne peut qu’en ressortir plus grande », a appuyé Thiébault Huber-Verdereau, viticulteur volnaysien adepte de la biodynamie et président de la CAVB (Confédération des appellations et des vignerons de Bourgogne). Le vigneron, après avoir souligné le partenariat avec le département, est vite parti retrouver la trentaine de vendangeurs qu’il emploie pour la récolte du millésime en cours.

François Sauvadet s’est également engagé à faire de ces vignes « un lieu d’expérimentation pour faire face au changement climatique ». « Elles seront mises à la disposition des viticulteurs de Côte-d’Or. » Si les professionnels pourront observer ces vignes tout au long de l’année, les raisins récoltés chaque année seront vinifiés par la SAS Rossignol-Valentin. La société, dont la cuverie est installée depuis peu à Tailly, est une émanation du domaine Rossignol-Février, converti à la biodynamie depuis 2009.
Reste désormais à savoir qui boira les bouteilles estampillées Département : « Cela servira de cadeau pour nos hôtes de marque, et nous en ferons profiter ceux qui s’engagent pour la Côte-d’Or comme les associations ou les clubs sportifs. Pourquoi ne pas organiser des tirages au sort réservés aux habitants du département ? On a plein d’idées, c’est le patrimoine de tous », avançait déjà le président du conseil départemental, qui devrait tout de même en déguster quelques verres, au moins pour se faire une idée de la qualité de ce patrimoine commun. 



Source : Le bien Public édition Beaune, lundi 16 septembre 2019.

mardi 12 février 2019

- Les élèves de la MFR Agencourt vont s’initier au rugby avec la MAS

Lors de la signature de la convention. Photo Michel DONATY

Les élèves de 4e  et 3e  de la MFR d’Agencourt vont s’initier au rugby fauteuil et ce pour une noble cause. Ils vont être sensibilisés au handicap, au respect et à la tolérance. Une fois cette petite formation effectuée, ils encadreront des personnes porteuses de handicap de la maison d’accueil spécialisé (MAS) d’Agencourt qui, à leur tour vont être initiées au rugby fauteuil. Cette
formation s’effectuera dans le cadre de leur formation. Cette signature a eu lieu en présence de Corentin Le Guen, de l’association des Blacks chairs rugby fauteuil, de Jacques Berthet, directeur général des Papillons blancs de Beaune, de Stéphanie Fourchet, directrice de la MAS d’Agencourt, de Christelle Lanoux chef de service MAS, d’André Boujon, président de la MFR d’Agencourt, de Jean-Claude Alexandre, directeur de la MFR, de Jordan Roux, directeur de la ligue de Bourgogne-Franche-Comté de rugby et de Maud Fréville, formatrice à la MFR.


source : journal Le Bien Public, édition Beaune  12-02-2019

vendredi 28 septembre 2018

- l'ESAT a terminé ses vendanges.

Cette année, l’établissement et service d’aide par le travail (Esat) de Beaune a organisé une paulée à la hauteur de la qualité du travail produit lors des deux semaines de récolte sur le domaine de Chenôvre-Ermitage, appartenant au CHU de Dijon et exploité par la maison Louis Bouillot.

L’établissement intervient dans un magnifique domaine de 17 hectares de vignes hautes.  Photo Jacques BERTHET

Un tonnerre d’applaudissements, exprimant la joie et la fierté du travail accompli, a retenti lors du discours de Céline Juillard, directrice de l’Esat de Beaune, quand elle a annoncé le bilan de la récolte, qui a mobilisé 110 vendangeurs. Les ouvriers de l’atelier vignes de l’Esat, renforcés par ceux de l’atelier espaces verts et d’autres établissements de la région, ont, en effet, de quoi être satisfaits.

La plus belle des récoltes

« Comme beaucoup de vignerons, nous avons fait, cette année, notre plus belle récolte, avec un rendement proche du maximum et des travailleurs qui ont été plus qu’à la hauteur », se réjouit Arnaud Hillion, moniteur vignes de l’Esat.
« Tout au long de l’année, nos ouvriers ont assuré les travaux manuels des 17 hectares du domaine et c’est une grande satisfaction pour tous de voir un si beau résultat final », ajoute Éric Andriot-Regnier, moniteur vignes également. « Huit de nos ouvriers ont déjà obtenu une validation de compétences dans le travail de la vigne par le centre de formation professionnelle et de promotion agricole (CFPPA) de Beaune. Une belle année comme celle que nous venons de vivre ne peut qu’encourager les autres à réussir. »
L’Esat de Beaune est géré par l’association des Papillons blancs de Beaune et sa région. Il accueille, à ce jour, 97 personnes en situation de handicap âgées entre 20 et 60 ans et orientées par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Depuis 1966, date de son ouverture, il vise un accompagnement global de ses ouvriers pour leur assurer un accès au monde professionnel, tout en travaillant une autonomie maximale dans les domaines de la vie quotidienne et sociale.
« Notre établissement adhère à un groupement d’intérêt économique, “Les ateliers de Bourgogne”, ce qui lui permet de bénéficier d’un positionnement intéressant au niveau des marchés », explique Jean-Marc Galland, responsable production. « Nous proposons diverses activités professionnelles en atelier : conditionnement, repasserie, prestations en entreprise, hygiène et entretien des locaux, vignes, espaces verts, service de restauration. »

source : Journal "Le Bien Public", édition du jeudi 27 septembre 2018

mardi 26 juin 2018

- Savigny-lès-Beaune : des studios flambant neufs pour les résidents des Papillons blancs


La résidence pour personnes déficientes mentales de Savigny-lès-Beaune a inauguré ses locaux entièrement refaits, qui permettent aux pensionnaires, jusque-là en chambres, de profiter de studios.


Avant les travaux, Daniel Garnier vivait, depuis son arrivée, en 2013, à la résidence savignienne des Papillons blancs, dans une chambre d’une dizaine de mètres carrés, avec cuisine et salle de bain collective. Aujourd’hui, il dispose d’un studio de 22 mètres carrés, baigné de lumière, avec salle de bain et coin cuisine. « J’y suis bien, c’est calme », sourit Daniel Garnier, en faisant visiter son nouveau chez lui.
Les travaux de la résidence pour personnes déficientes mentales, commencés en juin 2017, avaient pour but de rénover un bâtiment « qui ne répondait plus tout à fait aux normes d’accueil des personnes handicapées », a expliqué, mardi soir, Philippe Chaussade, président de l’association des Papillons blancs, lors de l’inauguration de la bâtisse. Ils avaient aussi l’objectif de « permettre que les résidents puissent accueillir leurs proches chez eux ».
Le site de Savigny-lès-Beaune loge ses résidents dans deux bâtiments séparés. C’est l’un de ceux-ci, le “Rhoin”, qui a fait l’objet de réhabilitation et d’agrandissement. « La partie existante a été entièrement refaite, et le bâtiment a été agrandi, doublant sa surface totale », précise Michel Boizot, directeur de l’établissement. « Ainsi, les treize chambres existantes ont pu être transformées en treize studios. »
Bien plus autonomes
Ce changement, s’il apporte un confort évident aux habitants, leur permet aussi de gagner en autonomie. « Avant, tout le monde devait prendre son petit-déjeuner en salle commune, en bas », détaille Marine Lancia, monitrice éducatrice dans l’établissement. « Maintenant, ils ont le choix entre le prendre en salle commune ou se le préparer dans leur studio. Il en est de même pour les repas, qu’ils peuvent même se faire apporter dans leur studio. »
Un ascenseur pour les personnes en fauteuil roulant
Pour le travail des professionnels, la transformation des lieux fait aussi la différence. « Avant, nous étions dans un accompagnement collectif. Maintenant, nous avons la possibilité de faire un travail plus individuel », souligne Marine Lancia
Les travaux ont également permis d’installer un ascenseur pour accéder au premier étage, même en fauteuil roulant. « Pour l’instant, aucun résident n’est concerné », précise Michel Boizot. « Mais si ça arrive, nous n’aurons pas à changer des résidents de studios pour en libérer un en rez-de-chaussée. »

Tony LE PENNEC- Le Bien Public, édition Beaune 21-06-2018